Want to hear from us? Sing up!

 

By subscribing you accept to receive by email our commercial information, news and blog articles and you agree with our Private policy described in Terms & Conditions. You can unsubscribe with help of unsubscribe link or by contacting us at contact@beyondtheswell.com

Beyond The Swell on the social network
  • Facebook - Black Circle
  • Instagram - Black Circle

January 10, 2018

Please reload

Recent articles

A la découverte du free ride au pays de La Grave - La Meije

February 27, 2018

 

La Grave est un village presque confidentiel appartenant à la fine caste des incontournables sites mondiaux du free ride. Nous connaissions déjà cet endroit de nom avant, et cet hiver nous nous sommes décidés à y venir. Nous savions que La Grave – La Meije était un des deux sites de hors-piste en France (comme Chamonix) et qu'il y régnait une ambiance un peu particulière comparativement aux stations de ski classiques, mais ce que nous avons vécu et ressenti ici était au-delà de toute espérance.

 

Le voyage à la montagne commence déjà dans le TGV Paris-Grenoble. Une fois les sacs à dos et les planches de snowboard rangés, nous observons les changements du ciel, notre champ de vision s'élargit et le regard peut enfin se perdre dans le vaste espace de nature. Au bout de deux heures à peine nous apercevons déjà les montagnes. La neige gagne progressivement le terrain.

 

De Grenoble, en une heure et demie de trajet en covoiturage et en stop nous arrivons à la Grave. Un rapide tour du village confirme la première impression : c'est le calme absolu.

Pas de spa de luxe, d'hôtels 5 étoiles, ni de résidences de vacances ou autre attribut d'une station de ski traditionnelle. Même les sempiternelles galeries marchandes sont absentes. A la place, les maisons de montagne en pierre, quelques gîtes, les commerces traditionnels tenus par des producteurs locaux, et un seul téléphérique qui vous monte à 3200 mètres en 30 minutes. Cet endroit est profondément authentique et ses habitants en sont fiers. Ici, on ne vient pas pour consommer les loisirs de la montagne, on vient à sa découverte. Et nous allons le comprendre très vite.

 

 

Tout le monde vous le dit ici, vous n'êtes pas dans une station de ski, vous êtes en haute-montagne ! La météo peut changer brutalement, le terrain n'est pas balisé, les rochers, les couloirs abruptes et les crevasses font partie du décor. Sans oublier le risque d'avalanche. L'envie de laisser la première trace sur la neige immaculée doit toujours aller avec la parfaite gestion de sa sécurité. Pour toutes ces raisons, mais aussi pour en apprendre plus sur la montagne et partager cette expérience avec d'autres personnes, nous souhaitons être accompagné par un guide du bureau local « Snowlegend » et intégrons un groupe de plusieurs riders. Un casque, une corde, un baudrier, une sonde, une pelle et une balise DVA (détecteur de victime d’avalanche), telle est la liste non exhaustive de l’équipement nécessaire pour la Meije. 

 

 

A la première montée à 3200 m nous prenons amplement la mesure du challenge. Notre organisme n'étant pas encore habitué à l'altitude, nous sommes très vite essoufflés, les descentes sont difficiles et les mouvements ne sont pas fluides. De plus, la visibilité est très mauvaise, avec du vent et de la neige. Très vite je comprends que je ne pourrai pas continuer et suivre le groupe, que je vais ralentir tout le monde. Je n'ai tout simplement pas la condition nécessaire, pas encore. Face à la difficulté du terrain, nous prenons la décision de redescendre tous les deux, de reprendre notre souffle, de se laisser du temps pour s'adapter petit à petit à l'altitude et s'échauffer sur des pistes classiques. Ce n'est jamais simple d'admettre ses faiblesses, mais la montagne nous apprend l'humilité.

 

La leçon du jour : même quand on a une bonne condition physique, si l'on n'habite pas à la montagne, il faut se laisser au moins deux jours de glisse « tranquille » sur pistes, pour oxygéner son corps et s'adapter à l'altitude en montant progressivement à 2000 m, 2600 m, 2800 m. Et si on ne le sent pas, il vaut mieux redescendre, car dans les conditions du free ride les éléments naturels sont bien plus exigeants que ce que l’on ne peut imaginer.

 

Ainsi, notre plan initial, qui était d’habiter à la Grave même et aller rider dans le coin tous les jours tombe à l’eau. Pour rejoindre les stations les plus proches, Serre-Chevalier ou Les Deux Alpes, nous n’avons pas de voiture et il est impossible d’en louer une sur place. Et finalement, tant mieux, nous décidons de faire les trajets en stop et ça se passe merveilleusement bien ! Ce qui pouvait être un trivial déplacement d’un point A à un point B, se transforme en une expérience humaine, de belles rencontres, des histoires de vie… De façon générale, ici les échanges s’engagent très facilement, tout le monde semble être tacitement uni par une même idée, un même état d’esprit. On se rend compte à quel point nous les humains pouvons être ouverts, généreux, accueillants vis-à-vis des autres. Les habitants de grandes villes ne l’oublient que trop souvent…

 

 

Deux jours plus tard, nous sommes de retour à la Meije, avec un groupe accompagné par un remarquable guide Sébastien Foissac. Après une rapide montée par le célèbre téléphérique tout droit sorti des années soixante-dix, les appréhensions laissent place à l’euphorie et l’ivresse des sommets. A 3600 m, en haut du glacier de la Girose, l'air est moins dense, le ciel infini est d'un bleu pâle éclatant et le panorama est à couper le souffle. Le vent nous réchauffe les joues avec malice. Nous commençons la première descente. La neige, fraîche par endroit, cache quelques plaques plus dures, ce qui nous oblige à une lucidité à tous les instants. Descente après descente, les vastes étendues de neige fraîche laisse la place à des couloirs très étroits et raides bordés de rochers. Il ne nous en fallait pas plus pour avoir des superbes sensations.

 

Mais la prudence s’impose à chaque ride. En effet, le glacier de la Girose semble être un terrain tranquille et accueillant, mais lorsque nous ne glissons plus faute de pente et que nous devons déchausser, il est nécessaire de s'encorder, car nous pouvons nous retrouver sur un pont de neige au-dessus de profondes crevasses qui peuvent céder à tout moment. Adrénaline garantie !

 

Le deuxième jour sera tout autre en termes de sensations, puisque nous partons pour une randonnée en splitboards, équipés de peaux de phoque et de battons.

Ce jour nous garderons nos masques de  mauvais temps faute d'un franc soleil. Il n’y a personne, la neige immaculée présage un merveilleux ride. Quoi de plus beau que de laisser la première trace, la quête éternelle de l’homme. On se lance. La neige est crémeuse, douce et confortable. Nous ne faisons quasiment pas de bruit, seul le vent sifflant dans nos oreilles  est là, témoin  de notre vitesse. 

 

Une fois arrivée en bas, nous séparons la planche en deux, l'équipons des peaux de phoques et commençons une lente ascension. Nous parcourons un dénivelé de 1000 m, entre extase et souffrance. Ainsi, va la vie du randonneur. Lors de la montée, le temps semble se dilater, chaque pas est rythmé par la respiration. Le plaisir de la descente se mesure par l'effort de l’ascension. La journée s'achève avec un sentiment d'accomplissement bien mérité.

 

 

Le free ride est un plaisir et un privilège, mais dans ces conditions il est aussi très exigeant, tant sur le plan de la maîtrise technique de la glisse, que sur le plan de l’endurance et de forme physique générale. Il est essentiel de ne pas prendre la haute montagne à la légère, d'avoir un bon niveau de préparation et de se faire accompagner par un guide. Ce qui nous a amené à faire une autre découverte intéressante : certaines stations peuvent offrir de vastes possibilités de free ride, avec une prise de risque plus raisonnable. Elles s’offrent à un prix d’une montée à pied, de 10–20 minutes, la planche sur les épaules, en s’éloignant des pistes. Il suffit d’observer du haut des remontées mécaniques pour trouver ces zones parfaites, non damée, avec déjà éventuellement quelques lignes tracées. Non accidentés, ces terrains sont souvent beaucoup moins exigeants que La Meije, avec une belle qualité de neige et la quasi-solitude en prime. 

 

Les connaisseurs vous le diront : parfois, la meilleure poudreuse se trouve sur les bords des pistes des petites stations pas très connues…

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Please reload

Tags
Please reload

Archives